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Facturation électronique : l'obligation de réception est effective depuis le 1er septembre 2026

Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent désormais pouvoir recevoir leurs factures au format électronique. Point d'étape et cap sur 2027.
4 septembre 2026 par
Facturation électronique : l'obligation de réception est effective depuis le 1er septembre 2026
Nicolas Moreau

C'est une échéance que beaucoup d'entreprises attendaient : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. L'obligation, longtemps annoncée et repoussée, est désormais bien en vigueur. Trois jours après son démarrage, il est utile de faire le point sur ce qui s'applique concrètement, sur ce qui reste à venir et sur les actions encore possibles pour les structures qui n'auraient pas terminé leur mise en conformité. Nous suivons cette réforme étape par étape depuis un an sur ce blog : cet article en constitue le point d'étape et renvoie, à chaque sujet, vers l'analyse détaillée correspondante.


Ce qui change depuis le 1er septembre 2026

La règle est claire et sans exception de taille : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques [Service-Public.fr]. Autrement dit, qu'il s'agisse d'une micro-entreprise, d'une TPE, d'une PME, d'une ETI ou d'un grand groupe, chaque acteur assujetti à la TVA doit disposer d'un canal capable de réceptionner une facture au format électronique.

Concrètement, cela suppose de s'être raccordé à une plateforme agréée, chargée de recevoir les factures émises par ses fournisseurs. La liste des opérateurs immatriculés par la DGFiP est publiée par l'administration [impots.gouv.fr]. Un point mérite d'être souligné, car il reste source de malentendus : un PDF reçu par courriel n'est pas une facture électronique au sens de la réforme. Le texte vise un document structuré, normé et transmis par une plateforme agréée, pas un fichier joint à un message.

Cette obligation de réception est la première brique du dispositif national de généralisation de la facturation électronique. Elle concerne d'abord la capacité technique : l'entreprise doit pouvoir accepter et traiter un flux entrant, même si elle continue par ailleurs d'émettre ses propres factures sous d'autres formes.

Ce basculement n'est pas anodin. Une entreprise qui ne serait pas raccordée risque tout simplement de ne plus pouvoir recevoir certaines factures de ses fournisseurs, avec les difficultés comptables et de trésorerie que cela peut entraîner. La question de la réception dépasse donc la simple mise en conformité : elle touche au fonctionnement quotidien des achats. Le détail des paramétrages côté acheteur, du raccordement jusqu'au traitement de la facture reçue, fait l'objet d'un guide pratique dédié pour les TPE et PME sous Odoo.


Réception aujourd'hui, émission demain : bien distinguer les deux volets

Il est essentiel de ne pas confondre les deux obligations qui structurent la réforme. La réception s'applique à tous depuis le 1er septembre 2026. L'émission, elle, suit un calendrier différent selon la taille des entreprises.

Pour les micro-entreprises, TPE et PME, l'obligation d'émettre des factures électroniques n'entrera en vigueur qu'un an plus tard, soit au 1er septembre 2027 [Service-Public.fr]. Les grandes entreprises et les ETI, pour leur part, sont soumises à cette obligation d'émission dès le 1er septembre 2026. Elles doivent également, depuis cette même date, transmettre à l'administration les données de transaction et de paiement, volet dit d'e-reporting qui suit le calendrier de l'émission.

Cette différence de calendrier a une conséquence pratique importante pour les petites structures. Depuis quelques jours, une TPE ou une PME peut déjà recevoir des factures électroniques émises par un fournisseur de grande taille, mais elle n'a pas encore, de son côté, l'obligation d'émettre ses propres factures au format électronique. Elle dispose donc d'une année pour finaliser cette seconde étape. C'est le moment de vérifier les mentions désormais obligatoires sur une facture B2B et la façon dont Odoo les contrôle, puisque c'est sur ce point que se jouent la plupart des rejets de factures. À noter également que les factures adressées au secteur public suivent un circuit distinct, en place depuis plusieurs années : nous avons traité le cas du B2G via Chorus Pro séparément.

Ce décalage a été pensé pour laisser aux plus petites entreprises le temps de s'organiser. Il ne doit toutefois pas être interprété comme un report de la réception : cette dernière est bien exigée dès maintenant pour l'ensemble des assujettis.


Que faire si l'entreprise n'est pas encore prête ?

Toutes les entreprises n'ont pas achevé leur mise en conformité au jour de l'échéance. Pour celles qui accusent un retard, plusieurs actions concrètes restent prioritaires.

  • Choisir et se raccorder à une plateforme de dématérialisation capable de réceptionner les factures entrantes.
  • Vérifier que les informations légales de l'entreprise sont à jour, à commencer par le numéro SIREN utilisé pour l'adressage des factures. C'est le chantier le plus sous-estimé de la réforme.
  • Former les équipes concernées, notamment à la comptabilité et aux achats, au nouveau circuit de réception.
  • Anticiper dès à présent le volet émission, qui deviendra obligatoire pour les TPE et PME à compter du 1er septembre 2027.

Sur le plan des sanctions, le dispositif est graduel. Le défaut de recours à une plateforme agréée donne d'abord lieu à une mise en demeure laissant trois mois pour régulariser, avant une amende de 500 euros, puis de 1 000 euros par période de trois mois si la situation persiste. Aucune amende n'est due en cas de première infraction sur l'année civile en cours et les trois années précédentes, dès lors que le manquement est réparé spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration [Service-Public.fr]. Nous avons détaillé le barème complet et ce que la loi de finances 2026 y a changé. Le retard n'est donc pas sanctionné immédiatement, ce qui ne retire rien à l'urgence pratique : sans raccordement, les factures fournisseurs cessent d'arriver.

La logique est de traiter d'abord l'urgence, la réception, puis de préparer sereinement l'émission dans le courant de l'année à venir. Repousser ces chantiers reviendrait à concentrer l'ensemble des adaptations sur une même période, avec un risque accru d'erreurs.


Le rôle d'un outil de gestion dans la mise en conformité

Pour les entreprises équipées d'un logiciel de gestion, le passage à la facturation électronique se joue en grande partie dans la configuration de cet outil. Un ERP comme Odoo permet de centraliser la réception, le traitement et l'archivage des factures, ce qui simplifie la mise en conformité et limite les manipulations manuelles.

L'enjeu n'est pas seulement réglementaire. Un flux de factures entièrement dématérialisé réduit les ressaisies, accélère les rapprochements comptables et améliore le suivi des règlements. La contrainte réglementaire peut ainsi devenir l'occasion de rationaliser des processus qui reposaient jusqu'ici sur des échanges de fichiers PDF ou de documents papier : c'est tout l'intérêt d'une facture structurée plutôt que d'un simple document lisible par un humain.

Un point est souvent mal compris : l'éditeur du logiciel peut être lui-même la plateforme agréée. C'est le cas d'Odoo, immatriculé par la DGFiP au printemps 2026 et dont le service de facturation électronique française est fourni sans surcoût [Odoo]. Une entreprise déjà équipée n'a donc pas nécessairement à contracter avec un opérateur tiers : le raccordement peut se faire depuis l'ERP, sous réserve d'être sur une version supportée et d'avoir activé le module dédié.

Pour les structures qui n'ont pas encore franchi le pas, le point à sécuriser en priorité reste le choix de la plateforme agréée et le rattachement de l'entreprise à celle-ci. C'est ce raccordement qui assure le lien entre les fournisseurs, l'administration et le système de gestion interne.


Ce qu'il faut retenir

Le premier jalon de la réforme est franchi : la réception des factures électroniques est effective pour toutes les entreprises assujetties à la TVA depuis le 1er septembre 2026. Les grandes entreprises et les ETI émettent déjà au format électronique, tandis que les micro-entreprises, TPE et PME disposent d'un délai supplémentaire jusqu'au 1er septembre 2027 pour l'émission.

Pour les plus petites structures, le message est double : s'assurer sans attendre de pouvoir recevoir les factures de leurs fournisseurs, et mettre à profit l'année qui vient pour préparer l'émission. Un système de gestion correctement configuré et raccordé à une plateforme agréée constitue le socle de cette conformité. Après trois reports successifs depuis le calendrier initial de 2023, la réforme est cette fois entrée en application, ce qui rend l'échéance de 2027 nettement plus tangible.

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