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Facturation électronique : douze mois pour préparer l'émission avant le 1er septembre 2027

Depuis le 1er septembre 2026, la réception des factures électroniques est en place. L'échéance suivante concerne l'émission par les TPE et PME. Voici comment structurer sa préparation dès maintenant.
2 octobre 2026 par
Facturation électronique : douze mois pour préparer l'émission avant le 1er septembre 2027
Nicolas Moreau

La réforme de la facturation électronique avance par étapes. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Cette première marche est franchie, comme nous le rappelions dans notre article sur l'obligation de réception effective depuis le 1er septembre 2026. La suivante concerne un point plus lourd sur le plan opérationnel : l'émission des factures. Pour les PME, les TPE et les micro-entreprises, l'obligation d'émettre des factures électroniques s'applique à compter du 1er septembre 2027 [DGFiP - impots.gouv.fr].

La même échéance vaut pour l'e-reporting, c'est-à-dire la transmission à l'administration des données des opérations qui ne donnent pas lieu à une facture électronique entre entreprises établies en France, ainsi que des données de paiement. Ce volet est souvent oublié, nous le détaillons dans notre article sur l'e-reporting que les TPE et PME doivent préparer.

Il reste donc environ douze mois. Ce délai peut sembler confortable, mais il recouvre trois chantiers distincts : la qualité des données, le choix d'une plateforme agréée et les premiers tests de flux réels. Ces trois travaux ne se font pas en une semaine. C'est précisément parce que l'échéance n'est pas encore là qu'il est raisonnable de commencer maintenant, sans pression et avec le temps de corriger ce qui doit l'être.


Où en est-on début octobre 2026

La situation actuelle est simple à résumer. Une TPE ou une PME qui n'a pas encore choisi d'entrer volontairement dans le dispositif peut continuer à émettre ses factures selon ses modalités habituelles jusqu'à son échéance légale, soit le 1er septembre 2027 [DGFiP - impots.gouv.fr]. Autrement dit, rien n'impose aujourd'hui de basculer l'émission au format électronique structuré.

Le guide de la DGFiP en tire deux conséquences. Un client ne doit pas refuser le traitement ou le paiement d'une facture au seul motif qu'elle n'est pas électronique. À l'inverse, il ne peut pas imposer l'émission électronique, au titre de l'obligation légale, à une entreprise dont l'échéance est fixée au 1er septembre 2027 [DGFiP - impots.gouv.fr]. Les deux formats coexistent donc pendant toute la période de transition.

Le contenu des factures, lui, évolue. Selon le ministère de l'Économie, quatre nouvelles mentions doivent figurer sur les factures à compter du 1er septembre 2026 : la catégorie de l'opération (vente de biens, prestation de services, ou les deux), la mention TVA sur les débits si l'option a été exercée, l'adresse de livraison complète lorsqu'elle diffère de l'adresse de facturation, et le numéro SIREN de l'acheteur [economie.gouv.fr]. D'autres lectures rattachent ces mentions à la date d'obligation d'émission de chaque entreprise, soit 2027 pour les PME. Par prudence, mieux vaut les intégrer dès maintenant : elles ne changent rien au circuit de facturation et préparent directement l'émission électronique. Le détail de ces mentions, et ce qu'Odoo automatise, est présenté dans notre article sur les mentions obligatoires des factures électroniques B2B.


Le premier chantier : la qualité des données

La facture électronique n'est pas un simple PDF envoyé par courriel. C'est un document structuré dont les champs doivent être exacts et complets pour être transmis correctement. Or, la plupart des difficultés rencontrées lors d'un passage à la facturation électronique ne viennent pas de la technologie, mais des données elles-mêmes.

Le premier réflexe consiste donc à examiner sa base clients. Chaque client professionnel doit disposer d'un numéro SIREN valide et à jour, puisque ce numéro fait désormais partie des mentions obligatoires sur les factures B2B. Les adresses de facturation et de livraison doivent être distinguées et renseignées avec précision. Les intitulés d'articles, les taux de TVA appliqués et la nature des opérations doivent être cohérents d'une facture à l'autre.

Ce travail de fiabilisation présente un avantage rarement souligné : il améliore la qualité de la gestion bien au-delà de la seule conformité. Une base clients propre réduit les erreurs de facturation, les relances inutiles et les litiges. Voici les points à passer en revue en priorité :

  • Le numéro SIREN de chaque client professionnel, sa validité et son unicité.
  • La séparation entre adresse de facturation et adresse de livraison.
  • La catégorisation des opérations : biens, services ou les deux.
  • La cohérence des taux de TVA et des mentions liées à l'option TVA sur les débits, le cas échéant.

Ce nettoyage peut se mener progressivement, client après client, sans attendre le déploiement d'un outil dédié. Chaque anomalie corrigée aujourd'hui est une source d'erreur en moins au moment de l'émission automatisée. Pour les utilisateurs d'Odoo, nous avions listé les contrôles utiles dans notre article sur la qualité des données clients dans Odoo.


Le deuxième chantier : choisir sa plateforme agréée

La réforme repose sur un principe structurant : l'émission, la transmission et la réception des factures électroniques s'effectuent par l'intermédiaire d'une plateforme agréée [DGFiP - impots.gouv.fr]. Aucun flux direct hors plateforme agréée n'est permis, y compris pour une entreprise qui choisirait d'émettre volontairement ses factures avant son échéance légale.

Le choix de la plateforme est donc une décision structurante qui mérite d'être prise sans précipitation. Plusieurs critères entrent en jeu : la compatibilité avec l'outil de gestion déjà utilisé, la couverture des formats attendus, l'accompagnement proposé et la stabilité de l'offre. Une entreprise qui utilise un logiciel de gestion connecté à une plateforme agréée évitera les ressaisies et les exports manuels. C'est le cas d'Odoo, qui est lui-même plateforme agréée pour la facturation électronique.

Il est utile de rappeler la distinction entre émission obligatoire et émission volontaire. Une TPE ou une PME peut décider d'anticiper et d'émettre ses factures au format électronique avant le 1er septembre 2027. Cette anticipation reste facultative, mais si elle est choisie, elle doit passer par une plateforme agréée. C'est une manière de tester le dispositif en conditions réelles, sur un volume maîtrisé, avant que l'obligation ne s'impose.


Le troisième chantier : tester ses premiers flux

La troisième étape consiste à passer de la théorie à la pratique. Configurer un outil et émettre une facture de test sont deux choses différentes. Les tests permettent de vérifier que les données remontent correctement, que les mentions obligatoires sont bien présentes et que la transmission se déroule sans blocage.

Pour les entreprises équipées d'un ERP, cette phase de test s'appuie sur les fonctionnalités de facturation électronique intégrées. Dans Odoo 19, le module France - Facturation électronique (plateforme agréée) prend en charge l'envoi et la réception des factures via la plateforme agréée d'Odoo. L'activation se fait depuis les paramètres de la Comptabilité : enregistrement de l'entreprise avec son numéro SIREN, vérification d'identité, puis signature de l'attestation de désignation de la plateforme agréée. Odoo reçoit les factures aux formats Factur-X, UBL et CII, mais les émet exclusivement au format UBL [Odoo].

Concrètement, une entreprise peut ainsi émettre quelques factures de test vers des clients volontaires, observer le comportement du flux et corriger les éventuelles anomalies. Ce mode d'apprentissage progressif évite de découvrir les problèmes au moment où l'émission deviendra obligatoire. Le risque reste limité : tant que l'obligation ne s'applique pas, le guide de la DGFiP admet qu'une entreprise dont l'émission volontaire échoue revienne temporairement à ses modalités habituelles pour les flux concernés [DGFiP - impots.gouv.fr].


Construire une trajectoire sur douze mois

L'erreur la plus fréquente consiste à traiter la conformité comme un projet à faire au dernier moment. La logique inverse est plus sereine : répartir l'effort sur les douze mois qui séparent de l'échéance du 1er septembre 2027.

Une trajectoire réaliste peut s'organiser en trois temps. Les premiers mois sont consacrés à la fiabilisation des données clients et à la mise en conformité des mentions obligatoires déjà applicables. Vient ensuite le choix de la plateforme agréée, en cohérence avec l'outil de gestion en place. Puis une phase de tests, éventuellement dans le cadre d'une émission volontaire anticipée, permet de valider les flux avant l'obligation. Anticiper permet aussi de documenter ses efforts de mise en conformité, un point que nous abordions à propos de la tolérance de la DGFiP sur la facturation électronique.

Cette approche présente un double bénéfice. Elle réduit le risque de blocage administratif à l'approche de l'échéance, et elle transforme une contrainte réglementaire en occasion de rationaliser la gestion des ventes. Une facturation mieux structurée, des données clients à jour et des flux automatisés sont des acquis durables, indépendamment du calendrier légal. Les TPE et PME qui abordent ce sujet dès maintenant se donnent le temps de faire les choses correctement, sans subir la pression d'une date qui approche.

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